Boutique de commerce équitable

Pourquoi le prix du cacao baisse et pas celui de ma tablette de chocolat ?

Chute spectaculaire des cours
mondiaux du cacao 

Evolution du cours du cacao

Après avoir oscillé entre 8 000 et plus de 11 000 USD la tonne en 2024 et 2025, les cours mondiaux ont reculé jusqu'à 2 900 USD la tonne début mars 2026, un effondrement brutal en quelques semaines.

Les cours ont chuté de 70% par rapport au début de l’année 2024, atteignant leurs plus bas niveaux depuis trois ans.
 

Retour en arrière ...


La hausse des cours a débuté durant l'été 2023.

A l'origine de la hausse, une très mauvaise récolte en Afrique de l'Ouest, principalement due à des conditions météorologiques peu favorables avec de fortes pluies suivies d'une période trop sèche en 2023.

Le temps pluvieux et les maladies frappent les producteurs de cacao africains

Les plantations vieillissantes et menées en monoculture ont alors connu de fortes attaques des maladies du cacaoyer, comme le swollen shoot et la pourriture brune.

Dès les premiers comptages de fleurs des cacaoyers au mois de mai 2023, la mauvaise récolte d'octobre à décembre était annoncée.

La décision de la Côte d'Ivoire de suspendre exceptionnellement ses ventes anticipées au mois de juillet a contribué à accélérer la hausse des cours.

En cours de saison, la baisse des rendements s'est confirmée. Les chiffres publiés en début d'année montrent que fin janvier 2024, les arrivées de cacao aux ports sont de 35% inférieures à l'année précédente en Côte d'Ivoire et au Ghana. 


Pourquoi un tel revirement sur
le marché du cacao en 2026 ?


D’un côté, l’offre s’est redressée : stimulés par des prix historiquement élevés, les producteurs ont intensifié les soins apportés à leurs cacaoyères : taille, désherbage et fertilisation.

Résultat : les récoltes ont été satisfaisantes, y compris en Afrique de l’Ouest, où les conditions climatiques de la dernière saison ont été plutôt favorables.

De l’autre, la demande s’est effondrée : le broyage, indicateur clé de la consommation industrielle, a reculé en Europe de -8,3 % sur un an au dernier trimestre 2025.

Les industriels ont réduit les taux de beurre et de pâte de cacao, substitué d'autres ingrédients et reformulé leurs recettes.

Seul le chocolat de qualité et de spécialité tire son épingle du jeu : les ventes de tablettes bio ont continué de progresser en France malgré la hausse des prix, preuve que les consommateurs restent attachés à la qualité, à la traçabilité et aux origines.

Le marché du cacao est donc soumis à une logique cyclique, marquée par des envolées spectaculaires des cours mondiaux suivies de chutes brutales.


En quoi le commerce équitable
protège t'il les producteurs ? 


La différence fondamentale entre le prix du cacao sur le marché mondial et le prix du cacao « équitable » réside dans la maîtrise du risque et la protection du producteur.

Voici comment ces deux systèmes fonctionnent et se distinguent.

  • Le cours mondial (Bourse) : Une logique de spéculation

Le prix du cacao conventionnel est fixé quotidiennement sur les marchés à terme, principalement à Londres (ICE Futures Europe) et à New York.

Détermination du prix : Il est le résultat de l'offre et de la demande mondiales, mais il est fortement influencé par la spéculation financière.

Les banques, les fonds d'investissement et les courtiers parient sur le cours futur du cacao, ce qui provoque une forte volatilité.


Conséquence pour le producteur : Le producteur est celui qui subit le prix. Si le cours chute en raison d'une surproduction ou d'une spéculation baissière, le producteur ne reçoit qu'une fraction du coût réel de production, ce qui le maintient souvent sous le seuil de pauvreté.

  • Le prix « Équitable » : Une logique de sécurité

Le cacao équitable (notamment via le label Fairtrade/Max Havelaar) repose sur un mécanisme contractuel conçu pour protéger les petits producteurs contre les fluctuations brutales du marché.

Il se décompose en deux piliers :

Le Prix Minimum Fairtrade : C'est un filet de sécurité. Si le prix du marché mondial est inférieur à ce prix minimum, l'acheteur est obligé de payer le prix minimum. Si le prix mondial est supérieur, l'acheteur doit payer le prix du marché. Le producteur ne perd jamais.

La Prime Fairtrade ou « Prime de développement » :
 Il s'agit d'une somme d'argent supplémentaire, versée en plus du prix de vente. Cette prime n'est pas destinée au revenu individuel direct, mais est versée à la coopérative de producteurs. Elle sert à financer des projets collectifs : écoles, cliniques, outils agricoles, formation à l'agroécologie ou diversification des revenus.

Historique des cours mondiaux du cacao (en dollars par tonne) et comparaison avec le prix minimum garanti Fairtrade (prix FOB, à l'export) dans les pays où le marché du cacao est non règlementé (tous pays sauf la Côte d’Ivoire et le Ghana). Les prix du commerce équitable suivent les cours mondiaux (et auxquels s’ajoutent les primes), sauf lorsque ceux-ci descendent en dessous du prix minimum garanti, filet de sécurité pour les producteurs et productrices. A savoir : Le prix minimum Fairtrade va être de nouveau augmenté à partir du 1er octobre 2026 à 4 250 USD/T, prime équitable et bio comprises.

Il y a quelques mois encore, certains annonçaient la fin du commerce équitable : avec des cours du cacao à plus de 11 000 USD la tonne, un prix plancher semblait superflu.

L'effondrement brutal des marchés début 2026 a dissipé cette illusion.

Aujourd'hui, seul le commerce équitable permet aux producteurs de ne pas retomber dans des niveaux de rémunération largement en dessous du seuil décent, avec les conséquences habituelles : pauvreté des producteurs, recours accru au travail des enfants, accélération de la déforestation et dégradation des sols.

 

Pourquoi le prix des tablettes reste
élevé malgré la chute des cours ?


Pour le cacao conventionnel : 

Les tablettes de chocolat vendues actuellement ont été fabriquées avec le stock de cacao acheté au prix fort. 

Il faudra attendre le renouvellement du stock à un prix plus bas pour voir celui de la tablette baisser, en fonction du pourcentage de cacao dans les recettes et surtout des stratégies commerciales de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution.


Pour le cacao équitable : 

Pour répondre au défi de la filière cacao, lutter contre l’exploitation du travail des enfants, la déforestation massive, la pauvreté des producteur·ices et adapter la culture au dérèglement climatique, il est nécessaire de payer un prix juste qui permette la durabilité de la filière.

C’est la démarche du commerce équitable qui maintiendra des prix d’achat justes et décents, plus élevés que les cours volatiles de la bourse, pour continuer à proposer un chocolat de qualité, gustativement, socialement et écologiquement !

Selon l'article publié par Ethiquable et AVSF le 24 mars dernier, le prix permettant un revenu décent au niveau de la coopérative à l'export, se situait avant la flambée, en 2022  entre 4 000 et 4 500 USD/T.

Il serait aujourd'hui compris entre 5 000 €/T et 6 000 USD/T, bien au dessus des prix du marché mondial actuel. 

Ce montant doit constituer le prix plancher d’un cacao effectivement équitable et durable, indispensable pour :

• Assurer un revenu décent aux producteurs
• Financer la transition écologique et la production durable (agroforesterie, pratiques agroécologiques)
Pérenniser les services des coopératives et le fonctionnement de la certification bio

La baisse du prix des tablettes de chocolat n'est donc pas envisagée à court terme. 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article